Prog. 11 février 2018

Musiques espagnoles et françaises à l’époque baroque

1ère Partie

Tiento de 2do tono      (à l’orgue positif)A.  LORENTE (1624-1703)
Jesu Dulcis MemoriaAnonyme XVIe/ M. de GALDÁMEZ (1633)
Pange LinguaJ. de URREDA (ca.1430-ca.1482)/ M. de GALDÁMEZ (1633)
Salve ReginaAnonyme XVIe/ M. de GALDÁMEZ (1633)
Tres glosas sobre el canto llano de la Immaculada ConcepciónF. CORREA de ARAUXO (1584-1654)
Ave Maris StellaT. L. de VICTORIA (1548-1611)/ M. de GALDÁMEZ (1633)
Pasacalles de 1er tono      (à l’orgue positif)Anonyme XVIIe
Concinant PlebsAnonyme XVIe/ M. de GALDÁMEZ (1633)
Pange LinguaAnonyme XVIe/ M. de GALDÁMEZ (1633)

2ème Partie

Magnificat  Henry DU MONT (1610-1684)
Vulnerasti cor meum
Allemande grave      (à l’orgue positif)
De ProfundisLouis Nicolas CLÉRAMBAULT (1676-1749)
Ave Regina CaelorumMarc-Antoine CHARPENTIER (1643-1704)
Domine Salvum fac RegemLouis Nicolas CLÉRAMBAULT (1676-1749)

Le Concert des Dames

Créé en 1993 par Frédéric Bourdin, le Concert des Dames rassemble douze chanteuses confirmées, accompagnées ou non d’instrumentistes et propose une interprétation de qualité, fruit d’un travail exigeant. Émotion et plaisir sont les maîtres-mots de leur désir de partage avec le public. Régulièrement invité à de nombreux festivals en Europe, l’ensemble vocal féminin a fait résonner cathédrales, églises et abbayes sur des interprétations d’œuvres principalement issues du répertoire des musiques sacrées. Le Concert des Dames a enregistré un premier album en 2000, « Messe en l’Honneur de Jeanne d’Arc et Musiques sacrées à la Cathédrale d’Orléans de la Belle époque aux Années Folles », et un second en 2007, « Messe à l’usage des Dames Religieuses » qui a reçu de nombreuses récompenses dont le Supersonic Award Pizzicato et quatre étoiles du Monde de la Musique. Depuis 2013, c’est la chef de chœur Cécile BODEREAU qui a repris la direction de cet ensemble vocal.

Cécile BODEREAU, chef de chœur

Formée au conservatoire du Mans où elle obtient de nombreux prix notamment en flûte traversière dans la classe de Gérald Jemain, Cécile BODEREAU poursuit ses études au CNR de Tours et à la faculté de Musicologie où elle obtient sa licence puis son CAPES d’Éducation Musicale et de chant choral. Parallèlement à l’enseignement, elle s’est produite dans de nombreux ensembles vocaux. En 2013, elle prend la direction du « Concert des Dames».

Damien COLCOMB, organiste

Damien COLCOMB a étudié l’orgue et la musique d’ensemble dans la classe d’Odile Bailleux, ainsi que le clavecin et la basse-continue dans celle de Gilles Harlé, à l’Ecole Nationale de Musique de Bourg-la-Reine où il obtient un Premier Prix d’orgue ainsi qu’un Prix de perfectionnement en musique ancienne. Il est également diplômé du Centre National de Formation d’Apprentis Facteurs d’Orgues d’Eschau. Il voue une grande passion aux orgues ibériques et françaises, leurs musiques et leurs factures, et se spécialise plutôt dans l’interprétation des musiques du XVIe au XVIIIe siècle. Il joue régulièrement en soliste ou en ensemble dans différents festivals, est titulaire du Grand Orgue historique de Pithiviers et directeur artistique du Festival de Lorris en Gâtinais. Il enseigne l’orgue à l’Ecole de Musique de Chécy ainsi que le clavecin, la musique ancienne et la formation musicale au C.R.C. d’Olivet. Il réalise également depuis peu, des missions d’expertises et maîtrises d’œuvres pour les constructions et restaurations d’orgues.

Musiques espagnoles et françaises à l’époque baroque

Le programme de ce concert met en regard les musiques que l’on pouvait entendre dans les couvents de religieuses de deux pays voisins au XVIIe siècle : l’Espagne et la France. Bien que les styles musicaux de ces deux pays soient assez éloignés, l’Espagne et la France, naguère ennemies, se sont rapprochées au XVIIe siècle.

En effet la mère de Louis XIV, Anne d’Autriche, était espagnole et la reine Marie-Thérèse, femme de Louis XIV, également. Enfin le petit-fils du Roi Soleil deviendra roi d’Espagne sous le nom de Felipe V et sera le premier Bourbon à régner sur ce pays.

À cette époque, on trouvera beaucoup de musiques françaises dans des livres de musiques compilés en Espagne, notamment les « Flores de Música » de Antonio MARTIN Y COLL, où l’on trouve entre autres beaucoup de musiques de Jean-Baptiste LULLY.

1ère PARTIE

La première partie de ce concert repose principalement sur des œuvres tirées d’un manuscrit conservé au couvent des Clarisses de Santa María la Real a Carrión de los Condes dans la province de Palencia en Castilla y León. Ce livre de musiques vocales fut offert à la supérieure du couvent en 1633 par Martín de GALDÁMEZ, musicien originaire de Navarre. Il contient diverses pièces propres à la liturgie : Messes, Hymnes, Psaumes, Magnificat, etc. Ce sont pour la plupart des œuvres d’auteurs antérieurs, principalement du XVIe siècle et adaptées par GALDÁMEZ pour les religieuses de ce couvent. Certaines sont vraisemblablement des œuvres originales de Martín de GALDÁMEZ. Les œuvres sont à 4 voix. La quatrième voix pouvait être chantée par des sœurs à la voix grave ou par des religieux qui se joignaient aux Clarisses pour les grandes fêtes. Cette voix grave était soit doublée soit simplement jouée sans être chantée, comme dans ce concert, par un orgue qui réalisait la basse-continue avec peut-être également un basson et/ou une harpe.
Le tiento du 2do tono de Andrés LORENTE et la pasacalle sont tirés des Flores de Música de Antonio MARTIN Y COLL, publiés entre 1706 et 1709 et cités plus haut.

On entendra également les célèbres Glosas (variations) sobre el canto llano de la Immaculada Concepción de Francisco CORREA de ARAUXO, sans doute le plus grand organiste espagnol du XVIIe siècle.

2ème PARTIE

La seconde partie de ce concert est consacrée à la musique française.
La Maison Royale de Saint-Louis à Saint-Cyr (actuelle commune de Saint-Cyr-l’École dans les Yvelines) fut créée en 1686 par Madame de Maintenon, seconde épouse de Louis XIV. Ce pensionnat était une école destinée aux jeunes filles de la noblesse désargentée, afin de leur offrir une éducation complète. Cet établissement était bien sûr tenu par des religieuses. Pour l’usage de cette maison, beaucoup de grands compositeurs français ont écrit des œuvres destinées à être chantées par ces « Demoiselles de Saint Cyr » aussi bien pour le culte religieux que dans des pièces profanes. Louis-Nicolas CLÉRAMBAULT, Marc-Antoine CHARPENTIER et Guillaume-Gabriel NIVERS furent les principaux « fournisseurs » de musiques pour Saint-Cyr. Leurs plus belles pièces ont été écrites pour ce lieu, notamment le poignant De Profundis de Clérambault. Henry DUMONT (ou DU MONT), originaire de la principauté de Liège, travailla à la Cour de Louis XIV. Il écrivit de très belles œuvres vocales et instrumentales mais n’écrivit pas spécifiquement pour la Maison Royale de Saint-Louis, étant mort deux ans avant sa fondation. Il est cependant permis de penser que des œuvres de Dumont furent également interprétées par les jeunes pensionnaires de Saint-Cyr.

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